Les conclusions de la mission confiée par le Gouvernement à Pierre Tambourin (directeur général de Génopole) et à Jean-Pierre Beylat (président du pôle de compétitivité Systematic), visant à optimiser le système de transfert et d'innovation en France, viennent d'être publiées. Le soutien au transfert par la création d’entreprise est réaffirmé comme une priorité. Le rapport propose de renforcer les incubateurs, en capitalisant sur les équipes qui ont montré leur expertise en matière d’accompagnement.

Rapport Beylat Tambourin

Lire le rapport intitulé "L'innovation; un enjeu majeur pour la france"

Les recommandations du rapport sont structurées en 4 axes :

  • développer la culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat,
  • accroître l’impact économique de la recherche par le transfert,
  • accompagner la croissance des entreprises innovantes,
  • mettre en place les instruments d’une politique publique de l’innovation.


Les propositions :


  1. réviser les méthodes pédagogiques de l’enseignement primaire et secondaire pour développer les initiatives innovantes ;
  2. mettre en place un programme de grande ampleur pour l’apprentissage de l’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur ;
  3. favoriser l’essaimage à partir des grands groupes ;
  4. organiser une politique d’attractivité des talents autour de l’innovation ;
  5. mettre en place le suivi opérationnel des 15 mesures pour une refondation du transfert dans la recherche publique ;
  6. favoriser la mobilité des chercheurs entre public et privé ;
  7. mettre en place un programme cohérent en faveur du transfert par la création d’entreprise ;
  8. focaliser les SATT sur la maturation ;
  9. mettre en place une politique cohérente de recherche partenariale public-privé, en regroupant les différentes politiques aujourd’hui éparpillées ;
  10. combler le manque de financement en fonds propres des entreprises innovantes (capital-risque et capital-développement technologique) en mobilisant une faible part de l’épargne des français et en améliorant les stratégies de sortie possibles pour les investisseurs sur ces segments ;
  11. lancer des initiatives sectorielles early stage ;
  12. mettre en place les instruments d’une politique de protection (PI, normalisation) au service des entreprises innovantes ;
  13. harmoniser les différents labels et qualifications d’entreprises innovantes pour plus de lisibilité et les inscrire dans un parcours jalonné d’accompagnement vers la croissance, alignant de manière cohérente l’ensemble des outils de soutien disponibles ;
  14. inciter les grands groupes et les grands établissements publics à s’impliquer dans l’émergence et la croissance des entreprises innovantes, en intégrant de nouvelles dimensions dans leur obligation de publication de RSE ;
  15. reconnaître le rôle des écosystèmes d’innovation métropolitains comme points d’appui des stratégies régionales et de la stratégie nationale d’innovation ;
  16. organiser le système de transfert pour le rendre plus lisible et plus efficace ;
  17. se donner les moyens de concevoir, de piloter et d’évaluer une stratégie française de l’innovation, globale et cohérente ;
  18. mandater un opérateur unique pour la consolidation opérationnelle des politiques publiques de financement de l’innovation, la BPI (partie innovation) ;
  19. faire de l’innovation un vrai sujet politique, en organisant un vaste débat public.

Dans sa recommandation 7, le rapport précise qu'en coordination avec les régions, les incubateurs doivent être renforcés, en capitalisant sur les équipes qui ont montré leur expertise en matière d’accompagnement, en recherchant la taille critique, en créant des antennes des incubateurs existants et éventuellement de nouveaux incubateurs pour être au plus près des porteurs, en augmentant le nombre de places disponibles. Le modèle économique des incubateurs doit être précisé dans ce cadre, en prenant en compte, selon les situations régionales, l’articulation avec les SATT.