Si la définition fournie par le manuel d’Oslo a élargi le concept de l’innovation au-delà de l’approche purement technologique, cette dernière reste encore souvent perçue comme la seule vraie manière d'innover. Or, comme le relève Le Mouves (MOUVement des Entrepreneurs Sociaux) dans L’Express, « une autre forme d'innovation s'épanouit en silence, c'est l'innovation sociale, qui vient d'être officiellement reconnue par le Président de la République à l'occasion de la clôture des Assises de l'entrepreneuriat ».

Le concept de l’innovation sociale étant assez récent, il n’existe pas de définition officielle partagée par l’ensemble des acteurs de l’innovation. Cependant, une définition a été retenue par le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) :

L’innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers. Ces innovations concernent aussi bien le produit ou service, que le mode d’organisation, de distribution, dans des domaines comme le vieillissement, la petite enfance, le logement, la santé, la lutte contre la pauvreté, l’exclusion, les discriminations

Comme toute innovation, l'innovation sociale nécessite d'investir dans la R&D, de s'entourer d'experts et bien sûr de prendre des risques. Mais sa caractéristique principale est d'impliquer dans l'invention, l'expérimentation, la diffusion et l'évaluation de l'offre tous les acteurs — en premier lieu les usagers — concernés. Multiforme, elle a recours autant aux sciences humaines et sociales qu'aux technologies numériques. En cela, il n'est pas rare qu'innovation sociale et innovation technologique soient associées.

Pour valoriser ces innovations, il serait intéressant de prendre appui sur un dispositif comme l’incubateur d’entreprises innovantes car il a pour mission d’accompagner des porteurs de projet tout au long de leur parcours de création d’entreprise ou d'activité. En effet, malgré une certaine effervescence, les acteurs de l’innovation sociale rencontrent des difficultés pour financer et accompagner leurs projets, mal pris en compte par les outils traditionnels de financement.

Si les Assises de l'entrepreneuriat ont clairement posé les bases d’un soutien public généralisé à l’innovation sociale, avec la création d'un fond dédié à son financement, les écosystèmes régionaux (Incubateurs, CEEI, technopoles, …) offrent déjà la possibilité à ce type d’innovateurs de bénéficier d’un appui qui pourrait être intégré dans les stratégies de spécialisation intelligente" (smart specialisation), élément crucial de la nouvelle politique de cohésion 2014-2020.

La Ville de Paris a déjà lancé le Social Good Lab, un incubateur de start-ups technologiques à vocation sociale. Cette initiative vise à favoriser l’émergence et le développement d’entreprises proposant une solution technologique pour répondre à une problématique sociale ou environnementale. Concrètement, de jeunes entreprises mêlant innovation technologique et sociale peuvent bénéficier d'aides et de conseils pour développer leur activité. Incubées pendant deux ans, elles bénéficient d'une aide financière de 50 000 à 100 000 € chacune, sous forme d'avance remboursable ou de subvention et disposent de bureaux dans le XIIIème arrondissement de Paris, près du futur quartier numérique annoncé par Fleur Pellerin.