Vu sur le Web (site de l'APCE) : l'arrivée progressive des objets connectés à Internet va changer radicalement notre vie quotidienne au cours des prochaines années. La plupart des objets de la vie courante (voiture, télévision, appareil ménager, vêtement, produit alimentaire…) seront bientôt dotés d'une puce chargée de collecter et transmettre des données à leurs utilisateurs par le biais d'un ordinateur, d'une tablette, d'un smartphone… Les objets pourront également échanger entre eux !

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Selon la Commission européenne, un utilisateur moyen dispose actuellement d'au moins deux objets connectés à Internet. Ce chiffre devrait passer à sept d'ici à 2015, date à laquelle la planète devrait compter 25 milliards d'objets avec une connexion sans fil. D'ici à 2020, ce chiffre pourrait doubler pour atteindre 50 milliards. Ces objets connectés vont modifier nos pratiques, nos façons de travailler et de consommer. De nouvelles générations de services vont apparaître pour les citoyens comme pour les entreprises et devraient représenter de nouvelles opportunités de croissance économique.

Internet des objets, des applications diverses et variées

L'Internet des objets ouvre de nouvelles perspectives dans des domaines aussi variés que la santé, les loisirs, le tourisme, la domotique, l'urbanisme, l'environnement…. C'est dans les secteurs de la santé et de la maîtrise de l'énergie que les applications seraient pour le moment les plus nombreuses. Les nouveaux objets médicaux connectés permettent de recueillir et transmettre des données médicales aux professionnels de santé et permettent également aux utilisateurs de suivre leur état physique en temps réel. Exemple : un tensiomètre relié à un smartphone, un capteur placé sur la boîte de médicament qui permet de suivre la prise du médicament… Les applications proposées dans le domaine de l'énergie permettent, quant à elles, de mieux maîtriser la consommation électrique. Dans le champ de la domotique, les objets connectés viennent donner un nouveau souffle à ce secteur. Les applications permettent à un particulier de contrôler à distance toute sa maison (fermeture des portes et des volets, inventaire du contenu de son frigo, réglage du chauffage...). La société IHB met au point des systèmes d'électricité intelligente permettant de commander plusieurs fonctions au sein d'un même bâtiment. La société propose, par exemple des détecteurs de présence (véritables contrôleurs de gestion de l'énergie) ajustant l'éclairage et la climatisation.

Plusieurs entreprises françaises ont déjà su se positionner sur ce marché mondial et même s'imposer. A titre d'exemple, parmi les 12 objets connectés les plus vendus aux Etats-Unis sur l'Apple store, 5 d'entre eux sont français ! Des startups françaises sont également récompensées chaque année lors du salon mondial de l'électronique grand public de Las Vegas (CES). Cette année, c'est la startup Netatmo qui a été mise à l'honneur pour sa station météo qui permet de mesurer la qualité de l'air. A l'évidence, les exemples de réussites françaises sont nombreux : la société Withings a imaginé une balance connectée, un tensiomètre ou un capteur d'activité à distance ; la startup nantaise Kiwatch propose une vidéo surveillance sans fil ; la société marseillaise BeeWi conçoit des objets sans fil et notamment des jouets connectés. Les jouets sont pilotés depuis une tablette, un smartphone en téléchargeant une application dédiée.

L'Internet des objets trouve aussi un terrain d'expérimentation dans la ville. Nice, Lyon et Issy-les-Moulineaux ont récemment expérimenté des quartiers connectés. Des capteurs sont placés dans les rues, sur les lampadaires, sur la chaussée ou les bennes à ordures et transmettent des données en temps réel. Les avantages sont multiples : simplifier la vie des automobilistes (ils peuvent, par exemple, être informés des places de parking disponibles), faire des économies d'énergie (l'éclairage est modulé en fonction de la présence de passants), optimiser la collecte des ordures…

Un enjeu stratégique

Pour assurer le bon développement de ce secteur d'avenir, différentes initiatives ont été prises au niveau européen et national.

Pour la Commission européenne, il s'agit de permettre aux entreprises européennes de se faire une place sur ce marché tout en assurant aux acteurs du secteur un cadre légal dans lequel ils puissent évoluer. En 2009, la Commission européenne a donc d'abord lancé un plan d'action comprenant 14 mesures visant à « permettre aux Européens de tirer profit de cette évolution et en même temps, de relever les défis qu'elle pose comme le respect de la vie privée, la sécurité et la protection des données personnelles ». En avril 2012, la Commission européenne a ensuite lancé une consultation sur les règles concernant les dispositifs connectés intelligents. Elle souhaitait définir le cadre nécessaire à l'exploitation du potentiel économique et social de l'Internet des objets, tout en garantissant la sécurité, le respect de la vie privée et des valeurs éthiques. Les résultats de cette consultation seront pris en considération dans sa recommandation sur l'Internet des objets qu'elle présentera au cours de l'été.

En France, le gouvernement porte également une attention particulière au développement des objets connectés considérés comme l'un des points forts de l'économie numérique. Le 25 avril dernier, Fleur Pellerin, ministre déléguée, chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique et Louis Gallois, Commissaire général à l'investissement ont lancé une action dédiée au soutien des technologies stratégiques du « cœur de filière » numérique. Les technologies du logiciel embarqué et les objets connectés intelligents sont un des axes de cette action. Le soutien apporté pour le développement de ces technologies vise notamment à favoriser l'émergence et la croissance des « champions numériques » de demain. Un appel à projets a été lancé en mai dernier.

Les professionnels du secteur se mobilisent également via la mise en place de groupes de réflexion. Les pôles de compétitivité Cap Digital et Systematic ont créé un groupe, dès 2009. Plus récemment, Anne-Sophie Bordry, ancienne directrice des Affaires publiques de Facebook et ex-membre de cabinets ministériels, a lancé un Think tank baptisé «Objets connectés et intelligents France». Son objectif est de structurer et d'accompagner le secteur du numérique pour en faire un levier de croissance pour les startups françaises.

Des perspectives très favorables

Cette nouvelle ère de l'objet connecté représente une manne pour les porteurs de projet et les entreprises qui peuvent trouver là une opportunité de créer de nouvelles technologies qui pourront être utilisées par des millions de consommateurs.

Tous les experts s'accordent à dire que le nombre de ces objets connectés va exploser d'ici à 2020. Après 2020, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective prévoit l'apparition d'une nouvelle génération d'objets plus autonomes et plus intelligents qualifiés de robots.

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