Vu sur le Web : le magazine de l'innovation Frenchweb.fr et le quotidien gratuit 20 minutes ont publié cette semaine un article sur le projet ANTHELYA, porté par Matthieu Sergent-Ferreri et Cyril Torre à travers la société INOVARION et accompagné par l'Incubateur de Corse INIZIÀ.

Anthelya


« La start-up du jour: Inovarion, un boîtier connecté qui analyse les effets de la nutrition »


La start-up parisienne Inovarion développe un dispositif connecté qui met les avancées de la médecine moléculaire prédictive au service de la nutrition. L’utilisateur peut suivre son métabolisme directement sur son smartphone grâce aux données envoyées par l’objet connecté vers l’application. Inovarion a reçu le Prix des Services innovants et créatifs à la fête des services, manifestation organisée le 24 novembre 2014 au salon du Medef.

Interview de Cyril Torre, 29 ans, co-fondateur de Inovarion :


FrenchWeb : Comment avez-vous eu l’idée de créer Inovarion ?
Cyril Torre : Nous avons eu cette idée en 2012. Je suis médecin chercheur, un de mes associés exerce au CHU de Toulouse et le deuxième est maître de conférences à l’université Pierre et Marie Curie à Paris. Nous avons pensé que les avancées en médecine moléculaires pouvaient être mises au service d’une médecine personnalisée. Nous avons imaginé un dispositif connecté qui analyse en temps réel ce qui se passe dans l’organisme, à partir de capteurs qui analysent les fluides biologiques prélevés sur des bandelettes jetables. Notre technologie fonctionne en bluetooth avec une application associée, disponible gratuitement sous iOS et sous Android.

Qui sont vos clients ?
Nous proposerons notre dispositif connecté à la vente en BtoC à partir de fin 2015.

Quel est votre modèle économique ?
Nous vendrons notre dispositif pour un prix unitaire entre 100 et 150 euros. Les bandelettes munies de capteurs biologiques seront des éléments consommables à usage unique, dont le prix dépendra du nombre de capteurs, ajustable en fonction de ce que l’utilisateur voudra mesurer : l’évolution de sa masse graisseuse ou celle de sa masse musculaire, par exemple.

Qui sont vos concurrents et comment faites-vous la différence ?
Nos premiers concurrents sont tous les dispositifs connectés qui accompagnent la perte de poids et l’activité physique. Par exemple, les bracelets connectés Withings, la balance connectée de Jawbone ou l’entreprise iHealth. Nous nous différencions par une approche en temps réel. Notre dispositif est prévu pour mesurer en temps réel – grâce aux molécules émises par l’organisme – l’effet d’un stimulus comme l’activité physique ou la composition d’un repas. L’utilisateur n’a pas besoin d’attendre pour connaître le processus à l’œuvre dans son organisme, ce qui permet un réajustement immédiat de son activité ou de son régime alimentaire.

Que faisiez-vous avant de fonder Inovarion ?
Je suis docteur en cancérologie, diplômé en 2011 de l’université Paris XI. La même année, j’ai co-fondée l’entreprise Siltène en octobre 2012. Inovarion est ma deuxième start-up.

Quelle a été la première problématique à laquelle vous avez dû faire face ?
Notre premier défi a été la confrontation avec l’immobilisme des institutions. Notre activité s’appuie sur la recherche et les avancées scientifiques. Paradoxalement, nous sommes souvent en contact étroit avec les acteurs institutionnels souvent réfractaires au changement. Nous devons rester pro-actifs et toujours convaincre nos interlocuteurs. Changer les mentalités pour introduire une nouveauté est un parcours de longue haleine.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné ?
Le directeur de notre incubateur Inizià, Emmanuel Pierre, nous répétait souvent que nous devions « nous lancer ». C’est-à-dire qu’après avoir formalisé son projet, agir reste la seule façon d’apprendre et de s’adapter à son marché.

Quelle est la personnalité que vous admirez le plus ?
J’admire Xavier Niel pour sa capacité à bouleverser l’ordre établi en portant un regard neuf sur l’économie.