Vu sur le Web (Informateur Corse Nouvelle #6581) → Dans son édition d'octobre 2015, l'hebdomadaire ICN publie un article sur le projet Bowkr, accompagné par INIZIÀ.

« Depuis trois ans, cinq jeunes insulaires regroupés en start-up travaillent au développement de Bowkr, une plateforme Internet spécialisée dans la recherche d’emplois flexibles, mobiles et freelance. Ils viennent de procéder à son lancement officiel. Zoom avant sur cette entreprise innovante en compagnie de Léo Kinany Martelli, président et co-fondateur de Bowkr »

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L'interview de Léo Kinany Martelli, co-fondateur de Bowkr, par Pierre-Louis Marchini (Informateur Corse Nouvelle)

Qu'est ce qui vous a motivé pour créer Bowkr ?

Durant mes études et en attendant de trouver une activité adaptée à mes attentes, j’ai été serveur dans de nombreux lieux en Corse et ailleurs. En terminant une saison en 2012, j’ai ressenti le manque d’un outil permettant de faire savoir au monde mes compétences et surtout ma disponibilité. Sachant que l’offre et la demande existent mais ne coïncident pas, la solution par une base de données paraissait évidente. Comme j’ai toujours eu une attirance pour le numérique et l’entrepreneuriat, je me suis tourné vers mon ami de fac et maintenant associé, Morgan Tomasini, et nous nous sommes lancés dans l’aventure. Cela fait bientôt 3 ans que nous travaillons sur le projet. Une longue période d’auto-formation a été nécessaire pour comprendre l'environnement start-up…

En quoi consiste ce concept ?

Bowkr est la première application de mise en relation dans le domaine des emplois flexibles mobiles et freelance. De l’employeur à l’employé, de l’amateur au professionnel ; dans les secteurs du CHR (cafés-hôtellerie-restauration), du clubbing, du numérique, de la musique, de l’artistique et de la sécurité, ainsi que pour toute personne ayant une compétence et voulant la mettre à profit. Le concept est de créer un profil servant de vitrine à son activité qui est intégré dans une base de données localisée et internationale. Les disponibilités sont en temps réel, donc les profils ne se périment jamais mais évoluent.

Existait-il un réel besoin en la matière ?

Les alternatives existantes fonctionnent toutes par annonces, et celles-ci se périment très rapidement. De plus, la recherche est passive et les profils ne correspondent que très rarement. Enfin, l’austérité de ces dernières années n’est absolument pas adaptée à des talents voulant exprimer leur personnalité. Nous estimons que 12 % de la population française aurait déjà, sans créer l’offre, besoin de Bowkr. Bowkr s’adapte donc aux problématiques des structures déjà existantes tout en imaginant les pratiques professionnelles de demain. Le nombre d’auto-entrepreneurs explose, notamment dans la création ou le numérique, et Bowkr est un bon moyen de démarrer une activité.

Pourquoi avoir choisi de développer ce projet en start-up ?

C’est une suite logique issue des nombreuses conférences que nous avons suivies et qui nous ont inspirés dans la mise en marche du projet. Une startup commence toujours de façon très artisanale, ce qui permet de faire énormément d'erreurs en très peu de temps, et donc de perfectionner son produit avant même son lancement. Donc une remise en question systématique, avec une équipe toujours dans l’action, de nouvelles solutions pour de nouvelles problématiques, n’allant pas à contre-sens d’un businessplan établi sur plusieurs années comme une société classique. De plus, la start-up est très attachée à une culture fun et riche, et une volonté certaine de se démarquer des standards des entreprises traditionnelles.

Comment se traduisent l’accompagnement et le soutien de l’incubateur d’entreprises innovantes Inizià dont vous bénéficiez ?

Un soutien permanent et de nombreux conseils par des personnes extrêmement dynamiques comme Emmanuel Pierre et Valérie Santori qui nous ont permis de bénéficier de premiers financements afin de développer l’outil, mais aussi de déposer la marque Bowkr dans l’Union européenne. L’incubateur, soutenu par l’Adec, a mis à disposition des bureaux au parc technologique de Bastia nous permettant d’avoir des conditions de travail idéales.

Quelle plus-value apportez-vous aux utilisateurs en recherche d’emploi par rapport aux autres plateformes de mise en relation professionnelle déjà existantes ?

À titre d’exemple, LinkedIn favorise la création d’un réseau professionnel et la mise en relation avec des personnes difficilement accessibles, mais cette plateforme se révèle inappropriée à la recherche d’un job. Nous ne sommes pas sur le même créneau. Notre outil vise pour sa part le marché des emplois flexibles et il est parfaitement adapté à ce domaine. Comprendre les réels besoins de nos utilisateurs est notre priorité, ainsi nos fonctionnalités phares sont la disponibilité en temps réel, et la possibilité de se rendre disponible n’importe où dans le monde, et ça ne se retrouve nulle part ailleurs.

Vous venez de lancer une app iPhone. Quels en sont les enjeux ?

Bien que le site web se rapproche de l’architecture d’un réseau social, afin de proposer des profils et non des annonces, l’application se dirige plus vers du temps réel comme Uber ou AirBnB. L’enjeu est donc de franchir un nouveau cap dans la facilité et la rapidité de la mise en relation, « je sors mon smartphone de ma poche, j'appuie sur un bouton "disponible ou indisponible" et tout le monde est au courant ! ».Il consiste, d’autre part, à analyser le comportement des utilisateurs afin de comprendre com ment Bowkr évoluera, tout en se positionnant dès à présent sur le marché des emplois flexibles.

Quel regard portez-vous sur vos premiers mois d’activité ?

Nous sommes très satisfaits car le concept a été validé par les utilisateurs en créant déjà près d’une centaine d’embauches. Ces premiers mois ont surtout servi à tester nos fonctionnalités, niches et messages, et surprise : l’outil s’est naturellement propagé ! Nous poursuivons notre travail visant à la mise en place d’un modèle économique adapté à nos utilisateurs, que nous devrions concrétiser d’ici les six prochains mois…

Comme quoi, la Corse, tout est possible, grâce au numérique…

Nous n’en n’avons jamais douté ! L’atmosphère entrepreneuriale en Corse est très excitante, nous sentons un développement important, et c’est beaucoup plus motivant de travailler depuis Bastia où ce que nous faisons a de l’importance, que depuis une ville où des centaines de start-ups naissent et coulent tous les jours dans l'anonymat. Nous ne sommes pas les premiers à surfer sur la vague du numérique dans l’île, mais c’est certainement toujours la première sur laquelle se joignent de nombreux évènements, structures et projets tels que l’incubateur Inizià, Bastia Ville Digitale. Et la Corsican Tech que nous sommes en train de réaliser avec d’autres start-ups locales à l’initiative de Jean Leccia, directeur de l’association Emaho. Il s'agit d'un accélérateur d’initiatives, ayant pour objet de fédérer les start-ups insulaires afin de partager nos expériences et compétences, tout en facilitant le développement du numérique en Corse.

Quelles sont les perspectives de développement pour Bowkr ?

Avec notre taux de croissance et la viralité de nos utilisateurs, nous espérons très vite nous positionner sur un marché européen avec l’aide de business développeurs dans chaque grande capitale où des migrations professionnelles sont freinées par le manque d’outils. Notre objectif est donc de devenir, en plus d’être les premiers à cibler ce domaine, les numéros 1 de l’emploi flexible, mobile et freelance.